Située entre « trois continents », la Grèce constitue un point d’entrée majeur en Europe. Ces dernières années, et notamment depuis l’été 2015, en lien avec la montée des tensions en Syrie et dans les pays frappés par l’ISIS, la Grèce connaît une énorme vague migratoire. Chaque jour des centaines de migrants dont des réfugiés franchissent les frontières grecques dans l’espoir de traverser le pays pour atteindre l’Europe occidentale. Dans ce cadre là, la Grèce, pays frappé par une crise économique qui semble interminable, doit s’occuper de ces populations mais aussi combattre la montée d’idéologies xénophobes qui se développent en parallèle de la crise. L’Etat a signé au sein du conseil de l’UE de nombreux accords prônant une prise en charge à l’échelle européenne de ces personnes réfugiées, néanmoins, la théorie parfois surpasse les moyens pratiques. Quelle politique privilégier ? Comment médiatiser la crise migratoire ?

Le Secrétaire Général de la communication de la politique migratoire grecque, George Florentis, nous parle de son rôle, mais aussi du réel besoin d’une solidarité, voire humanité européenne.

George Florentis, Secrétaire Général de la communication de la politique migratoire grecque

« Du moment où il y a information, il est impossible qu’il n’y ait pas de communication », répond M. Florentis à la question sur la sensibilité de communiquer une telle affaire. « Au début de la crise migratoire, au delà de tous les autres problèmes, on a été ciblés à plusieurs reprises – surtout par ignorance – sur la manière dont nous avons abordé le problème » réplique le Secrétaire Général. De ce fait, selon M. Florentis, il y a nécessité d’une communication sérieuse dans le but de transmettrevéritablement l’information et de « dissoudre les multiples centres de désinformation ». Mais communiquer pour le Secrétaire Général veut dire aussi permettre un accès égal à l’information : « à partir du moment où ces personnes (les réfugiés) ont commencé à être informées dans leur langue pour des sujets qui les concernent, il y a eu une baisse des problèmes. »

Le rôle de la communication étatique sur l’affaire migratoire serait donc, d’après M. Florentis, de « montrer qu’une communication correcte peut clarifier des malentendus et présenter la vraie dimension des événements, de manière professionnelle, loin de toute intervention dans l’information ».

« Aucun Etat ne pourrait à lui-seul supporter le poids économique lié à la gestion d’une telle affaire »

Cela vaut davantage pour la Grèce, qui est touché par une grave crise économique depuis 8 ans. Le pays membre de l’UE, « agit en fonction des directives données par l’institution européenne » explique M. Florentis. « De ce fait, la Grèce suit les règles mises en place concernant la relocalisation de 66 000 personnes entre 2016 et 2017, nombre qui, aujourd’hui, s’éloigne beaucoup de la réalité. » Le Secrétaire ajoute à ce sujet qu’il y aurait des inégalités dans la prise en charge de l’affaire à l’échelle européenne. «  Plusieurs Etats-membres ignorent les accords, en utilisant des excuses qui mènent à l’affaiblissement de ces décisions ».

« L’ARYM a engagé une décision unilatérale, en considérant que cela viendrait résoudre le problème »

Cela fait-il écho à la construction de nombreux murs aux frontières des pays ? Quel est l’avis du Secrétaire Général sur la mise en place du mur entre la Grèce et l’ARYM, acte qui se traduit par la fermeture de la route la plus sécurisée vers l’Europe, anciennement empruntée par les réfugiés ? « Avez-vous vu la crise se résoudre ? » répond-il. « L’ARYM a engagé une décision unilatérale, en considérant que cela viendrait résoudre le problème. Non seulement la crise est toujours présente, mais cet acte alimente aussi un climat général de xénophobie au sein du territoire européen » explique M. Florentis.

Comment combattre la xénophobie, présente sous forme d’actes racistes et d’avènement de partis d’extrême droite comme l’Aube Dorée? « La rhétorique de l’Aube Dorée, alimentée par une haine xénophobe, qui se traduit aussi dans les distributions de nourriture uniquement aux populations grecques, est une autre facette de la société grecque, notamment celle qui essaye d’imposer ses opinions ».

Une leçon de vivre-ensemble

« La société grecque, malgré les mauvaises conditions, organise et répond directement aux besoins de ces membres », ajoute M. Florentis. « C’est elle qui a d’abord montré que la xénophobie est une attitude isolée de la majorité ».

« La résolution du problème migratoire se trouve dans la volonté politique, la solidarité et surtout l’humanité »

Le pays n’a peut être pas les moyens économiques pour renforcer ses structures et entreprendre la question de la crise migratoire à lui seul. Néanmoins, la société grecque a montré à plusieurs reprises que la richesse de l’humanité ne repose pas sur l’argent. « Habitants des îles, bénévoles, de tout âge, ont accueilli les populations réfugiées, parfois en risquant leur vies, afin de sauver des enfants et des familles entières des eaux tourmentées ». La population grecque montre la voie vers la solidarité et l’humanité « que doivent retrouver les Etats européens », conclut M. Florentis.

Lydia Roubopoulou

 

Lydia Roubopoulou

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